jeudi, 17 octobre 2019

Lutte Ouvrière, la police et les communistes

Lors des manifestations du printemps et automne 2016, le gouvernement P"S" a sauvagement réprimé les manifestants, ce qui a entraîné le slogan "Tout le monde déteste la police". Puis, à l'automne, des manifestations de flics, partout en France, revendiquaient un renforcement de la force répressive, de la politique sécuritaire, voulant limiter les "droits" des prévenus et la présomption d'innocence, ainsi que l'impunité totale pour les violences policières. La presse et les médias bourgeois ont fait largement écho à ces manifestations anti-prolétariennes. De façon très faux cul, Lutte Ouvrière, comme bien d'autres groupes "gauchistes", ont apporté leur soutien à cette offensive réactionnaire, déclarant être "choquée des agressions gratuites [souligné par nous] répétées à l'encontre des policiers" (Lutte Ouvrière des 20/10/2016 et 27/10/.2016).

Les gens de LO ne comprennent pas que ces "agressions" sont souvent l'expression de jeunes prolétaires ou prolétarisés contre le harcèlement permanent, les fouilles répétées, les contrôles à répétition, les remarques racistes, les arrestations de routine, les gardes à vue, .... dans les banlieues prolétariennes. Ces "agressions" sont une réponse spontanée au climat d'intimidation que fait régner l'État bourgeois pour maintenir l'ordre établi. La fraction "L'Étincelle" juge que les "flics de terrain se rebellent contre leur hiérarchie (...) ça se comprend" (souligné par nous) et "armer toujours plus les policiers, cela les expose davantage". QUELLE IGNOMINIE! Oubliant que c'est la police et l'armée qui matraquent et tirent sur les manifestants et les prolétaires. Pour LO, les flics seraient "des fonctionnaires de base, ceux qui patrouillent gares et quartiers populaires, ceux qui sont appelés quand ça dérape, ceux qui accueillent le public dans les commissariats". De plus, les flics "se trouveraient en première ligne pour constater la dégradation sociale et, au sens propre et au sens figuré, la prendre en pleine figure. De par leur profession [souligné par nous], ils ne voient que le pire de ce que cette société d'inégalité et d'injustice engendre parmi les opprimés". Dans Lutte Ouvrière du 13/02/2017, encore, "les policiers sont certes en première ligne face à des violences qu'engendre la dégradation de notre [souligné par nous] société". Dans son interview sur i.télé du 13/02/2017, N. Arthaud explique que ces révoltes ne sont "pas le bon moyen, ne riment à rien, sont très injustes pour les habitants". Il y a des "zones de non-droit", "c'est une réalité, c'est vrai", reprenant AINSI l'argumentation de la bourgeoisie capitaliste. De plus, elle ajoute encore que "le combat est à mener contre le grand [souligné par nous] capital", alors que le mouvement communiste lutte pour l'abolition du petit, moyen et grand capital. Ajoutant même le réformiste slogan "répartition des richesses", que reprennent également les anarchistes. Ajoutant encore "un salaire pour tous!", alors que les communistes combattent également pour l'abolition du salariat.

Pour LO, la police aurait une fonction d'utilité publique et ne serait donc pas une milice armée du capital. En fait, la police permet à la classe dominante, mais minoritaire, de sanctionner les prolétaires ou autres qui veulent sortir de la misère en singeant leurs maîtres, sur le dos de leurs frères de classe. Elle sert également à dissuader de "violer" les lois de la propriété qui les privent de tout et protège la classe dominante contre les révoltes individuelles ou collectives des prolétaires. Un point c'est tout. Nous rappellerons brièvement la position des communistes révolutionnaires (et non de ces avatars) sur la question des révoltes et des insurrections: 1) Ces révoltes sont le symptôme pour le capitalisme de son incapacité à gérer ses propres contradictions. La révolte est le symptôme (la fièvre) de sa maladie profonde. 2) La révolte n'est pas la révolution prolétarienne et communiste. Mais, sans ces nombreuses et petites révoltes et insurrections, il serait difficile que mûrisse une préparation révolutionnaire. 3) Nous ne faisons pas l'exaltation de "l'affrontement pour l'affrontement", mais les communistes ne peuvent condamner, à la manière de LO et consorts, ces révoltes. 4) Tant qu'il n'y aura pas une réorganisation de la classe prolétarienne (c'est-à-dire une organisation prolétarienne économique et politique) et de son Parti de classe, en cette période de contre-révolution totale de plus de 90 ans, due à l'action conjointe du stalinisme, du fascisme et de la démocratie, ces révoltes se trouveront toujours dans une impasse. Grâce seulement à cette critique (et non à la condamnation de ces révoltes), pourront émerger des avant-gardes économiques et communistes disponibles pour se déployer sur un terrain et un front de classe prolétariens.

Parti communiste international

International Press

 

                    

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