Dans nos articles, tracts et interventions orales consacrés au énième massacre perpétré depuis des mois dans la bande de Gaza par l’État israélien, nous avons toujours insisté pour utiliser le terme « prolétariat » au lieu de « peuple » : prolétariat palestinien, ou prolétariat arabe, ou prolétariat du Moyen-Orient. Il ne s’agit pas d’une bizarrerie linguistique : le terme «peuple» fait référence à toutes les classes, c’est un terme interclassiste qui implique une vision nationale, tandis que notre perspective, celle dans laquelle et pour laquelle nous avons toujours travaillé en tant que communistes, est une perspective qui, en particulier dans la phase impérialiste, n'est centré que sur une seule classe, le prolétariat, et ne s’identifie donc pas au «peuple», à la «nation», à la «patrie», à l’«État bourgeois». Au contraire, il les combat tous et, ce faisant (seulement ce faisant !), il prépare notre classe à sa révolution.
« Comment sommes-nous arrivés à ce système mondial qui montre aujourd’hui qu’il se met péniblement en marche vers un troisième conflit qui, hérissé d’équipements productifs, gonflé de masse financière, muni d’un réseau de contrôle diplomatique, véritable ’super-état’ pour les trois quarts de la terre, et pourvu d’une organisation de propagande qui étouffe la surface de la planète, son atmosphère et, pour ceux qui y croient, jusqu’au domaine impondérable de ‘l’esprit’, maître enfin d’une force armée par rapport à laquelle les grands généraux de l’histoire arrivaient peut-être seulement jusqu’à avoir commandé un bataillon de cure-dents, et qui est définie par l’expression plus stupide qu’effrontée de ‘monde libre’? » (« Dégoût et mensonge du monde libre », Battaglia comunista, n°15, 1950).
Le système mondial qui était inauguré à l’époque où nous publiions ce texte (1950) est fondamentalement le même qu’aujourd’hui. Le mouvement conduisant à la Troisième Guerre s’est développé lourdement à travers une prolifération de guerres locales, et une fois effacé sans effort guerrier l’«antagoniste bipolaire », il a dirigé son élan vers la domination et la colonisation de toute la planète. A son service, la force armée la plus puissante que l’histoire humaine ait jamais connue (1).