samedi, 09 décembre 2023

8 mars 2023

Camarades, nos sœurs prolétaires !

Un an après la normalisation de l’urgence épidémique greffée sur la  crise économique, qui  est bien loin d’être résolue (et c’est impossible), les fanfares de la bourgeoisie dominante n’ont plus le courage de déblatérer que rien ne serait plus comme avant . Et en effet tout est non seulement « comme avant » mais pire qu’avant ! A la maison, au travail, dans les quartiers, vos (nos) conditions de vie ne font qu’ empirer.

Alors que dans le monde du travail vous êtes le plus souvent utilisées pour des tâches moins rétribuées et peu reconnues socialement,  vous continuez à être licenciées en masse, pour être reléguées dans les travaux sous-payés ou même non-payés du ménage et des soins domestiques, avec des salaires toujours plus réduits sous prétexte de « temps partiel » (ce qui n‘est rien d’autre  que payer moins un travail concentré dans moins de temps) ou de «  smart  work » (version modernisée de l’auto-exploitation du travail à domicile) et de réduction forcée de l’ horaire de travail.  Et vous continuez à être les dernières à être embauchées. A l’usine, où vous êtes condamnées à des travaux toujours plus précaires, les meurtres et tentatives de meurtre (que les patrons et leurs serviteurs appellent des « accidents ») ainsi que toutes les « maladies professionnelles », de même que les pressions, chantages et violences sexuelles, ne diminuent pas, au nom d’une prétendue augmentation de la productivité.

De plus, tandis que l’argent destiné à financer la soi-disant « société du bien-être » continue à diminuer, la peine de tout le travail de reproduction, de soin, d’assistance et de gestion domestiques ne cesse d’augmenter. Or cette peine est produite obligatoirement par la division sociale du travail caractéristique du mode de production capitaliste, division qui, de même  que la propriété privée des moyens de production est un héritage exacerbé du patriarcat, comme le montrent ouvertement les régimes théocratiques d’Iran et d’Afghanistan, et hypocritement les régimes laïques de tout le reste du monde.    

La guerre continue à se déchaîner dans un monde dévasté sur le plan écologique, et  nos conditions de vie et de  travail apparaissent clairement  comme insupportables. Toutes les institutions des Etats capitalistes ne sont que des tromperies et des prisons : il n’y a qu’ à voir ce qu’ont vécu et vivent encore les femmes, violées, affamées, bombardées, fusillées dans les « patries » (car c’est le nom que se donnent les Etats, dont les gouvernements ne sont que les comités d’affaires de la bourgeoisie, quand ils se préparent à nous envoyer à la mort) depuis la Russie et l’Ukraine jusqu’à  la Palestine martyrisée, depuis la Syrie, l’Iran et  l’Iraq jusqu’à l’Afrique…

Ce monde, cette société ne peuvent être améliorés. Sans une révolution sociale et politique l’émancipation des femmes est une illusion réformiste qui cache la réalité de la société  divisée en classes .  Il y a des femmes bourgeoises, qui sont complices et partie prenante de la domination et de l’exploitation que vous subissez , et leur «émancipation»n’est que le partage du pouvoir bourgeois.   Il y a des femmes intellectuelles et membres des professions libérales, qui appartiennent aux « demi-classes » modernes, et leur « émancipation » consiste seulement à demander plus de prestige dans la société et  une plus grande part de la richesse produite  par votre travail.

Camarades, nos sœurs prolétaires !

Ne vous laissez pas tromper par les mouvements féministes, qui proclament que la lutte de classe est dépassée. Ils craignent seulement d’être balayés par la puissance du prolétariat, et utilisent en prétexte vos besoins concrets et votre oppression.

Votre destin est entre vos mains, il dépend de vos coeurs et de vos intelligences , et surtout il dépend de vos luttes pour vous défendre du capitalisme et pour l’abattre en même temps que le patriarcat qui l’a engendré et qui est l’instrument de sa domination.

Luttes économiques et syndicales contre le chômage, pour les salaires, les retraites,  pour des conditions de travail qui respectent la santé et l’intégrité de la vie, et contre toutes les formes de sexisme machiste et fallocrate sur les lieux de travail.

Luttes économiques et sociales pour améliorer et collectiviser le travail de soin et d’assistance, en l’arrachant à la dimension privée, domestique et familiale, qui crée le despotisme machiste.

Luttes pour conquérir et défendre  le devoir de contrôler et décider de la maternité et de la santé.

Luttes contre toutes le sirènes réformistes et bourgeoises, pour se préparer à la révolution politique et sociale à laquelle nous serons contraints, tous ensemble,  prolétaires femmes et hommes exploité(e)s et sans réserves, par la stupide cruauté du Capital et de ses Etats.

Vive le 8 mars d’hier, d’aujourd’hui et de demain !