CE QUI DISTINGUE NOTRE PARTI: La ligne qui va de Marx à Lénin, à la fondation de l'Internationale Communiste et du Parti Communiste d'Italie (Livorno, 1921), à la lutte de la Gauche Communiste contre la dégénerescence de l?Internationale, contre la théorie du "socialisme dans un seul pays" e la contre-révolution stalinienne, et au refus des froints populaires et des blcs partisans et nationaux; la dure uvre de restauration de la doctrine et de l'organe révolutionnaires au contact de la classe ouvrière, en dehors de la politique personnelle et électoraliste.
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Le 1er mai n'est pas un jour de fête, mais un jour de lutte révolutionnaire

En ce 1er mai, l'immense armée prolétarienne mondiale doit à nouveau opposer sa puissance de classe à la chaîne de tous les États bourgeois, impérialistes et bellicistes, et reprendre le contrôle de son destin, en se libérant de toute l'oppression idéologique, économique, sociale et politique de la bourgeoisie. Le 1er mai, le prolétariat qui parle toutes les langues doit opposer au nationalisme, étendard et supercherie brandis par les bourgeoisies les plus diverses dans leurs guerres impérialistes, le drapeau de sa propre unité de combat internationale.
Sous ce drapeau, dans ce rassemblement nécessaire, nous devons abolir les frontières nationales: face à la géographie des États impérialistes, réaffirmons la géographie qui ne connaît qu’une seule frontière infranchissable, celle de la classe.


Le 1er mai est né de revendications économiques : huit heures pour travailler, huit heures pour dormir, huit heures pour vivre, en opposition à la volonté bourgeoise de tirer le maximum de profit du travail salarié jusqu’à l’épuisement, démontrant ainsi qu’il n’existe aucun intérêt commun entre les « patrons » et les « ouvriers » dans les entreprises du Capital. C'est avec ces mots d'ordre qu'en 1886, le 1er mai est proclamé journée de lutte internationale, un mouvement de grèves qui se propage inexorablement dans tout le monde industrialisé. À Chicago, après le meurtre de deux travailleurs sur un piquet de grève, une grande manifestation de protestation et de soutien à la grève a lieu. Une bombe explose et la police tire sur la foule. C'est le prétexte pour arrêter huit militants anarchistes et, après un procès-farce, en condamner sept à la pendaison, la peine étant commuée en réclusion à perpétuité pour deux d'entre eux. Un an plus tard, quatre d'entre eux seront pendus sur la place publique. Depuis lors, ces militants sont commémorés par tous les combattants de la cause ouvrière comme « les martyrs de Chicago ». Et, depuis lors, nous avons appris que les revendications économiques exprimées par les grèves ne peuvent pas, ne doivent pas, être cantonnées au cadre syndical des entreprises et des catégories professionnelles : elles sont et doivent devenir des revendications sociales, un terrain d’affrontement politique, une lutte de classe à mener jusqu’au bout – le mouvement réel qui abolit l’état actuel des choses doit devenir une lutte révolutionnaire.
Mais il y a un autre mois de mai dont il faut se souvenir et tirer des leçons : celui de 1871, celui de la Commune de Paris !
Épuisé par la guerre franco-prussienne désastreuse, le prolétariat parisien se soulève en mars de cette année-là contre les trahisons du nouveau gouvernement national et, presque sans s'en rendre compte, mène pour la première fois la lutte des classes jusqu'au bout. Il prend le pouvoir et, contre la république bourgeoise, proclame la Commune. En mai, ses résolutions encore timides, qui visaient à dépouiller la bourgeoisie de son pouvoir économique et politique, seront noyées dans le sang de plus de vingt mille prolétaires, massacrés par les baïonnettes françaises et prussiennes. Hier ennemis, divisés par leurs intérêts nationaux opposés, les deux États bourgeois s’unissent dans le massacre des prolétaires, organisés dans la première expérience d’État ouvrier. Depuis ce mois de mai, nous avons appris que les nations et les patries sont pour nous des prisons : non seulement nos conditions de vie sont désespérément les mêmes partout, mais le mouvement réel qui abolit l'état actuel des choses ne peut se cantonner à un cadre local.
Le prolétariat est international, antinational et révolutionnaire. Il est communiste, ou bien il est voué à rester une immense réserve de main-d’œuvre à exploiter, à acheter et à vendre. Ou à exterminer.
Il devient une classe, un sujet actif, lorsqu’il reconnaît ses propres intérêts et lutte pour eux, et contre les préjugés localistes, ethniques, nationalistes et religieux bien commodes dont il a été nourri pendant des siècles par des techniciens, des scientifiques, des prêtres, des intellectuels de tous bords et de tous niveaux : autant de parasites qui vivent en se partageant les parts de la richesse produite par l’exploitation du travail salarié. Quand il reconnaît, sous l'uniforme qu'on fait porter à « l'ennemi », un salarié comme lui et que, ensemble, non seulement ils désertent, mais ils tiennent fermement leurs armes et les tournent contre leurs propres exploiteurs. Lorsqu’il reconnaît que tout État, y compris celui où il survit, est impérialiste même s’il ne semble pas agressif ni dominateur sur le plan militaire, car, à ce stade de l’organisation politique du Capital, l’État doit garantir, par toute la violence diplomatique et militaire possible, le contrôle des ressources et des échanges de matières premières, ainsi que l’expansion et le maintien de son propre marché libre monopolistique… Et, sur le plan « interne », ce capitaliste collectif moderne doit maintenir l'ordre et le consensus par un autoritarisme démocratiquement imposé, grâce au monopole de la violence, de la médiation judiciaire et de l'idéologie sous toutes ses formes et dans toutes ses pratiques.
Le prolétariat devient une classe, un sujet actif, lorsqu’il ne cherche pas, dans chaque guerre, à déterminer qui a tort ou raison parmi tel ou tel État, qui est l’agresseur ou l’agressé, qui est autoritaire ou démocratique, s’il s’agit d’une patrie à défendre ou d’une patrie à libérer, ou, pire encore, d’une « paix » qui serait favorable aux acquis sociaux des travailleurs… Mais il reconnaît que l'ennemi n'est pas seulement chez lui : c'est son propre pays ! Et, pour s’en débarrasser, aucune complicité n’est tolérable, mais le défaitisme et la désertion organisée doivent s’imposer et, comme dans la Russie de 1917, une guerre civile au sein de son propre État, à étendre ensuite aux autres États ; lorsque, face au massacre, au génocide, au nettoyage ethnique, au sacrifice de milliers d’êtres humains sur l’autel d’un avortement national, comme cela se passe en Palestine depuis plus d’un siècle maintenant, il ne ferme pas les yeux, mais reconnaît que le massacreur n’est pas seulement le sioniste assassin, mais aussi le patriote islamiste et ses acolytes, qui incitent au martyr et, grâce à leur contrôle monopolistique des aides, tiennent en otage des millions d’êtres humains.
Il devient une classe, un sujet actif, capable de défendre ses conditions de travail, lorsqu’il s’organise de manière durable pour mener des luttes économiques : une organisation combative, bien ancrée, mais non cloisonnée dans chaque catégorie, avec des revendications et des structures de base qui rassemblent femmes et hommes, salariés et chômeurs, migrants et résidents de longue date, retraités et travailleurs précaires… Mais ce type de « syndicat de classe », à lui seul, ne suffit pas. Il est nécessaire d’organiser les travailleurs, pour les aider à se défendre ensemble, à former une classe en tant qu'ensemble économique : une classe en soi, mais pas encore une classe pour soi. Le prolétariat peut devenir un sujet actif, une classe pour soi, lorsqu’il s’organise en un Parti qui agit pour le guider dans le mouvement qui change l’état actuel des choses, en menant la lutte des classes jusqu’au bout : permettant ainsi au prolétariat international de devenir la classe dominante et d’engager le processus qui éliminera le monopole de la propriété des moyens de production et de la richesse produite, la division sociale rigide du travail et les classes.


1 mai 2026

INTERNATIONAL COMMUNIST PARTY PRESS