On se souvient qu’en 2011, durement touchés par la crise économique mondiale, plusieurs pays du Moyen-Orient et du Maghreb avaient été secoués par des mouvements de protestation dont certains étaient allés jusqu’au renversement de régime (Tunisie, Égypte, Libye, Yémen, tentative en Syrie). Aujourd’hui la Tunisie est le seul de ces pays qui soit encore sur les rails d’une démocratisation bourgeoise fragile mais effective. On sait qu’en Égypte l’armée a repris le contrôle direct du pouvoir depuis 2013, Libye, Yémen et Syrie sont plongés dans des conflits interminables qui combinent guerre civile et interventions étrangères. Or durant cette première vague deux pays arabes importants à divers titres, l’Algérie et le Soudan, n’avaient que très peu été touchés dans un premier temps. Ce dernier jouissait encore d’une certaine « prospérité pétrolière », mais la majeure partie de ces ressources allait se détacher du pays avec l’indépendance du Soudan du Sud, cette même année 2011, à l’issue d’une guerre de vingt et un ans très meurtrière (mais totalement ignorée de la cohorte des « anti-impérialistes » sélectifs, adeptes du nationalisme arabe, tiers-mondistes romantico-réactionnaires et militants hémiplégiques de tout poil).