Ils ont fui, non pas, comme leurs grands-parents dans les années 1920 et ’30, les Etats fascistes, mais bien des démocraties comme la « douce France », qui les avaient colonisés : Sénégal, Guinée, Côte d’Ivoire... Ils ont parcouru des milliers de kilomètres, des mers, des océans, des déserts, souvent opprimés et volés par des passeurs, et toujours totalement ruinés. Aujourd’hui, réfugiés, sans travail, sans logement, sans famille, ils ont été obligés de trouver des refuges précaires, d’abord dans les parcs (comme Belleville), puis dans l’hospitalier, mais malcommode, théâtre parisien de la Gaîté Lyrique, où ils ont rencontré l’aide de « Soutiens » qui leur apportent de quoi manger et leur donnent des leçons de français (indispensables pour qui veut rester en France, en particulier selon l’actuelle législation, qui impose aux immigrés d’avoir une connaissance parfaite de la langue du pays.
Dans nos articles, tracts et interventions orales consacrés au énième massacre perpétré depuis des mois dans la bande de Gaza par l’État israélien, nous avons toujours insisté pour utiliser le terme « prolétariat » au lieu de « peuple » : prolétariat palestinien, ou prolétariat arabe, ou prolétariat du Moyen-Orient. Il ne s’agit pas d’une bizarrerie linguistique : le terme «peuple» fait référence à toutes les classes, c’est un terme interclassiste qui implique une vision nationale, tandis que notre perspective, celle dans laquelle et pour laquelle nous avons toujours travaillé en tant que communistes, est une perspective qui, en particulier dans la phase impérialiste, n'est centré que sur une seule classe, le prolétariat, et ne s’identifie donc pas au «peuple», à la «nation», à la «patrie», à l’«État bourgeois». Au contraire, il les combat tous et, ce faisant (seulement ce faisant !), il prépare notre classe à sa révolution.