La brutalité du flic de Minneapolis n’a pas été le comportement exceptionnel d’un policier exalté, psychopathe, hors de contrôle… Mais l’expression « spontanée » de la principale fonction institutionnelle des forces de l’ordre de l’État contemporain, bourgeois et impérialiste : surveiller, punir, réprimer, contrôler tout comportement « suspect », d’abord individuel (la violation ou même la seule intention de violer la propriété privée, dans son acception de stricte possession de marchandise à vendre), mais en puissance et perspective collectif et social (la subversion des formes de la production qui abolira l’appropriation privée du travail collectif des travailleurs salariés du monde entier). Les travailleurs qui luttent quotidiennement pour le salaire, les conditions de vie et de travail, contre et en dehors des règles établies par le droit bourgeois, le savent bien. Tout comme le savent les prolétaires et les masses prolétarisées des zones où éclatent et se déchaînent les guerres, où l’exploitation impérialiste extorque et dévaste sans pitié.
Le voilà donc le cygne noir. Dans la «mortelle normalité» de la marche quotidienne du capital vers la catastrophe, un élément «inattendu» intervient, déclenchant une cascade d’effets qui chamboulent sa routine.
Mais le cygne noir n’était pas si inattendu que cela, à tel point que – en raison de phénomènes très similaires – les États auraient dû préparer des plans d’intervention pour mettre en place des contre-mesures immédiates. Ces dernières années déjà, les meilleurs experts des meilleurs laboratoires du monde étaient engagés dans des études sur les virus qui menaçaient de déclencher des pandémies, et parmi ces virus, il y en avait de type «Corona». Mais nous le savons : dans la «normalité mortelle» du capital, il n’existe pas de plan de sauvegarde de l’espèce : que vienne donc la catastrophe climatique, que le monde entier aille se faire foutre... ! Ce qui importe, c’est de garantir au Capital le droit d’engranger ses profits, encore mieux si c’est à court terme !