Pour nous le Premier Mai n'a jamais été un souvenir, un anniversaire rituel ou une “fête”. Au contraire, il a toujours été un appel à la lutte qui résume en soi l'histoire et l'expérience du prolétariat mondial et les projette dans le futur : et pour conquérir ce futur il faut lutter avec ongles et dents, parce qu'il ne tombera pas dans nos mains comme un fruit mur de l'arbre.
Encore moins aujourd'hui, 2020, le Premier Mai est une “fête”. Les évènements liés à la pandémie du Covid-19 ont montré, une fois de plus, la sauvagerie de la société de classe, de la société du Capital. Des centaines et des centaines de milliers de lieux de travail à travers le monde sont resté ouverts et dépourvus des plus élémentaires mesures de sécurité, alors que tout le reste était fermé “dans l'intérêt de tous”, et les travailleurs et les travailleuses ont été traités comme de la chair à viande. Cela démontre que ce mode de production, tenu par les lois du profit, de la compétition et de l'exploitation n'est pas seulement incapable de résoudre les contradictions que lui-même produit : l'usage qui, partout dans ces semaines, a été fait de la pandémie et de l'urgence, de la maladie et de la médecine, montre aussi, en toutes lettres, que ce n'est pas vrai que “l’on est tous dans le même bateau” !