Dans le marasme le plus complet et la pourriture d’un opportunisme politique qui dépasse de loin celui du siècle dernier, lorsque la social-démocratie et le stalinisme avaient abattu leurs haches sur les corps des prolétaires, la « question nationale » est aujourd’hui ressuscitée par des petites bandes politiques et d’authentiques saltimbanques. Et ce, pas seulement dans le monde divers et varié des « médias» et des « réseaux», mais dans celui réel des rejetons national-communistes de tous les pays : staliniens repeints à neuf, néo-situationnistes, rouges-bruns, « communautaristes », etc., qui s ‘efforcent d’éloigner la reprise prolétarienne en se présentant dans l’arène politique bourgeoise au moment même où la crise du capitalisme s’éternise et où notre classe aurait bien besoin d’autre chose. Mais d’autre part, la deuxième fois que l’histoire la présente, la tragédie ne prend-elle pas la forme d’une farce ?
Dans les métropoles des Etats de capitalisme ancien comme dans celles des Etats de capitalisme jeune et dans les périphéries de tout le monde capitaliste, la situation économique, celle de la vie et du travail des travailleurs salariés (et, secondairement, des demi-classes en déclin et des masses prolétarisées) continuent à se dégrader, avec l'augmentation généralisée et constante du prix des biens de première nécessité, y compris le logement, le gaz et l'électricité.
Partout, la restructuration des entreprises (multinationales, individuelles ou familiales, coopératives, étatiques, nationalisées etc.), qui est la conséquence de l'irrésistible crise de surproduction, engendre toujours plus de chômeurs et de travailleurs précaires, et renvoie toujours plus de femmes à la maison, soumises au travail sous-payé des tâches domestiques, avec une augmentation toujours plus insupportable de la durée et de l'intensité du travail, qui est la première et la seule cause de la multiplication des assassinats, des blessures graves et des maladies sur le lieu de travail.